"Là où s'abat le Découragement s'élève la victoire des Persévérants"
Thomas Sankara 1949-1987

Des enseignants en plus pour une meilleure école!

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 08/10/2020

Plus d’élèves, moins de profs et une gestion catastrophique de la crise sanitaire: la discontinuité pédagogique continue

Cette rentrée 2020, que beaucoup appréhendaient, au vu du contexte sanitaire et des cafouillages de ces derniers mois concernant les directives données par le Ministère de l’Education Nationale, a pointé les négligences de ce gouvernement pour l’éducation de nos enfants. J’ai été contactés par plusieurs syndicats de professeurs nous alertant de la situation de l’enseignement secondaire et primaire dans l’Académie de Bordeaux. Ce constat peut être généralisé à l’ensemble du territoire. J’ai donc décidé d’interpeller Jean-Michel Blanquer par l’intermédiaire d’une question écrite sur la faiblesse de ses propositions dans son projet de loi finances 2021, et de lui rappeler au passage la réalité et la gravité de la situation des élèves et des professeurs en cette rentrée.

Un manque criant de personnel enseignant

Dans une grande majorité des académies de France, malgré une démographie croissante, le nombre de nouveaux recrutements est en nombre insuffisant au vu du besoin. Par exemple, dans l'Académie de Bordeaux, pour un besoin de 500 nouveaux postes, seuls 70 ont été ouverts. La stratégie actuelle d'ajout d'heures supplémentaires aux professeurs en poste plutôt que le recrutement de nouveaux n'est pas tenable, le projet de loi finances 2021 prend pourtant cette direction. Ce même projet de loi indique que “l’Etat investit plus que jamais dans le sport” mais la base du sport, l'Éducation Physique et Sportive est la grande oubliée des mesures, la situation est très critique: il manque de nombreux postes dans cette discipline clé pour le bon développement de notre jeunesse malgré un nombre de candidats au CAPES toujours plus élevé. A ce manque de professeurs, clé de voûte de l'Education Nationale, s'ajoute les difficultés liées à la réforme du bac mise en place au lycée. En raison de la suppression des filières et de leur remplacement par des groupes d'options, l’organisation des nouveaux emplois du temps aggrave la pénurie car elle est faite sans renforcement ni des effectifs de professeurs, ni des moyens pédagogiques. Les conditions de travail du personnel enseignant et des élèves en sont fortement impactées. Ce même projet de loi de finances 2021 oublie très largement l'enseignement secondaire et les fonds accordés au primaire sont loin d’être suffisants. Enfin, le potentiel de remplacement est par ailleurs épuisé dans de nombreuses académies dans le primaire comme dans le secondaire. Des classes se retrouvent parfois plusieurs semaines sans professeurs, dont l'absence croît pourtant avec la pandémie de COVID 19.

La gestion catastrophique de la crise de COVID-19 dans les établissements scolaires

En ce qui concerne plus spécifiquement les mesures prises à la suite de la situation inédite à laquelle nous faisons fasse en raison de l’épidémie de Covid 19, de graves dysfonctionnements pénalisent les enseignants et les élèves. Outre le manque d'applicabilité au terrain dans les directives communiquées aux enseignants il y a un manque criant de moyens octroyés pour cette situation exceptionnelle. D’un point de vue de l’hygiène, le gel hydroalcoolique ne faisant pas parti du protocole mis en place par le ministère de l’éducation Nationale, il n’est pas présent dans les établissements, où le lavage des mains est préconisé sans toutefois s’assurer que le savon et les sanitaires sont disponibles en quantité suffisante. Dans l'enseignement secondaire le volume d'horaires supplémentaires qui a été accordé est ridicule rapporté au nombre d'élèves : cela revient à accorder une petite dizaine de minutes à chacun d'entre eux pour compenser des mois de discontinuité pédagogique. Le double système d'enseignement distanciel / présentiel mis en place à ce jour représente une double charge de travail pour les professeurs qui demandent le recrutement d'enseignants supplémentaires pour gérer les cours en distanciel. Dans l'enseignement primaire, le test de positionnement semble totalement déconnecté du niveau des élèves et des réalités qu'ils ont vécues et de ce qu'ils ont pu apprendre durant le confinement. De plus, aucun temps supplémentaire n'a été accordé aux enseignants pour leur permettre de faire face à cette situation inédite qui a remis en cause toute leur manière d'enseigner.

Devant l'ampleur de la dégradation de l'enseignement primaire et secondaire en France ces derniers mois nous lui demandons d'augmenter en conséquence les moyens humains et financiers pour que les professeurs soient en mesure de faire leur travail dans des conditions décentes et que les élèves puissent recevoir un enseignement digne de ce nom.

Retrouver ma question écrite sur le site de l'Assemblée nationale.

A votre rencontre en septembre

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 01/09/2020

Je serai près de chez vous

Talence et Villenave d'Ornon

mercredi 2 septembre à Talence Marché à Forum 10h-12h

vendredi 4 septembre à Villenave d'Ornon Quartier du Bocage 17h-19h

samedi 5 septembre à Villenave d'Ornon Sarcignan 10h-12h

dimanche 6 septembre à Villenave d'Ornon Lidl de Chambéry 10h-12h

Bègles et Bordeaux

mercredi 9 septembre à Bègles Marché du Cours Victor Hugo 10h-12h

vendredi 11 septembre à Bordeaux Place Ferdinand Buisson 15h30-17h30

dimanche 13 septembre à Bordeaux aux Capu 10h-12h

A la permanence parlementaire 281 route de Toulouse

Sur RDV avec mon équipe Téléphone 05.57.93.51.42

SDHI : les pesticides poisons qu’il faut interdire !

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 17/09/2019

L’utilisation à grande échelle des pesticides SDHI présente de grands risques pour la santé humaine. L’agence publique censée protéger l’environnement et la santé devrait appliquer le principe de précaution ET interdire ces pesticides mais les pouvoirs publics s’en remettent aux multinationales qui produisent à la fois les molécules et les études censées les évaluer ! Suivant les alertes récurrentes de scientifiques reconnus, je demande leur interdiction ! Retrouvez mon intervention ce 17 septembre à l’Assemblée !

Par ailleurs, comme la loi l’y oblige, le gouvernement a ouvert une consultation publique sur son projet d’arrêté relatif à l’utilisation des pesticides près des habitations.

Le gouvernement propose 10 mètres seulement de zone sans traitement par des pesticides les plus dangereux (Cancérogènes, Mutagènes ou Reprotoxiques [CMR] ou Perturbateurs Endocriniens [PE]).

C’est bien trop faible. Faisons entendre notre voix !

Pour une transition écologique populaire !

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 10/04/2019

J’étais, en ce début du mois d’avril, à l’Assemblée Nationale pour défendre un autre modèle de transports, en phase avec la planification écologique. En effet, une politique de transports doit répondre aux besoins de l’ensemble de la population et ce , dans tous les territoires urbains, périurbains et ruraux. Elle doit également correspondre à des critères écologiques afin de remédier à la pollution constante du transports de marchandises par exemple.

La transition écologique sera populaire ou ne sera pas !

Retrouvez mon intervention en intégralité ci-dessous ⬇️

Les Bassines sont une aberration écologique !

Loïc Prud'homme 14/10/2020
Près de chez vous

Dimanche 11 octobre j’étais toute la journée dans le marais Poitevin aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot Philippe Poutou et les camarades de la France insoumise et de Bordeaux en Luttes pour dire non à ce projet insensé des bassines géantes !

Ce projet est une aberration écologique, un non sens agronomique, une impasse économique et une gabegie d'argent public pour quelques agriculteurs prisonniers de l’agriculture productiviste. L’eau doit rester un bien commun, et la production agricole doit servir l'autonomie alimentaire des territoires sans abîmer notre environnement !

J'ai profité du rassemblement, qui a réunit plus de 3000 personnes ! pour interpeller directement le groupe Ecologie Démocratie Solidarité à l'Assemblée nationale et plus particulièrement Delphine Batho, devenue partisane du projet de retenues d'eau géantes malgré l'évidence du desastre environnemental. Depuis la députée des Deux-Sèvre semble avoir pris un peu de recul sur la question et avoir été sensible aux arguments du collectif Bassines Non Merci.

La lutte continue contre la politique insensée d'Alain Rousset et tous les grands projets inutiles, No Bassaran !

Notre proposition de loi pour lutter efficacement contre la pub !

Loïc Prud'homme 30/09/2020
Assemblée nationale

Lutter efficacement contre la pub demande une rupture nette de modèle au service de l'écologie populaire !

Ce matin en commission du développement durable j'ai du relire plusieurs fois le titre de la proposition de loi "pour faire de la publicité un levier au service de la transition écologique et de la sobriété" présentée par Mathieu Orphelin et ses collègues. Il fallait l'oser...

Deux modèles s'affrontent : l'écologie libérale des petits pas et des touillettes en bois et celle que nous défendons qui au nom de l'intérêt général demande une rupture nette avec ce modèle !

La publicité est un instrument au service de la consommation destinée à nous créer des besoins artificiels, il est temps d'en libérer l'espace public et d'en limiter fortement l'accès dans nos espaces privés, notamment toutes celles en faveur de la malbouffe à destination des plus jeunes.

Autant d'arguments balayés par la macronie qui préfère commander une énième étude d'impact et ne rien faire face à l'urgence climatique.

➡ Toutes nos propositions pour se libérer de la publicité sont à retrouver dans la loi que j'ai déposée à l'Assemblée nationale

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“Les casseurs on les connaît, ils sont au Gouvernement !”

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 19/03/2019

Pour un logement universel et durable !

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 06/11/2018

Notre projet : garantir le droit au logement digne !

A l’Assemblée nationale, je me bats pour éteindre la crise généralisée du logement, une crise qui nuit fortement aux conditions d’une vie digne. Le logement permet de fixer la base dans laquelle nous pouvons projeter l’ensemble des dimensions de notre vie, dans laquelle nous pouvons jouir de la santé et du bien-être tout en offrant un espace protégé dans lequel nos enfants s’épanouissent. Voici plusieurs intervention autour de cette lutte pour le droit au logement.

Appliquons le droit au logement plutôt que d’expulser !

J’avais dénoncé les intolérables expulsions avant la trêve hivernale en novembre 2017 et cela a malheureusement repris de la même manière cette année avec l’expulsion de Drita qui a travaillé bénévolement pour l’Etat pendant 4 ans et les expulsions massives de la cité Maurice Thorez de ces derniers jours.

En juin dernier, en plein débat sur les expulsions de squat je suis intervenu à la tribune de l’Assemblée nationale. J’avais rappelé que 2 000 personnes dorment dehors toute l’année dans les rues de Bordeaux alors qu’on recense 20 000 logements vides dans la Métropole. Il est d’abord urgent de faire appliquer le droit au logement plutôt que de faciliter les expulsions.

J’avais d’ailleurs formulé une question écrite à Gérard Collomb, alors Ministre de l’intérieur, sur les graves manquements à la loi et au respect des accords internationaux dans le traitement des personnes en demande d’asile ou de titre de séjour.

Les temps d’attente pour obtenir le récépissé excèdent dans la majorité des cas les 10 jours maximums prévus par la loi. Dans l’attente, les personnes restent sans ressource ni hébergement. Elles rejoignent la centaine de familles qui dorment aujourd’hui dans les rues de Bordeaux. pourtant l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles stipule que

« toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence »

L’État est donc hors-la-loi et les conséquences en sont dramatiques.

À Bordeaux, mais aussi Paris ou Calais, consigne est donnée aux forces de l’ordre de détruire les campements de fortune pour éviter toute reformation : tentes lacérées, affaires personnelles jetées, dans la plupart des cas sans aucune solution de relogement. L’État encore une fois, est hors-la-loi.

A ce jour, près d’un an après avoir posé ma question, je n’ai toujours pas reçu de réponse de la part du ministre de l’intérieur.

Menaces sur le mouvement HLM : pour une vraie politique du logement, juste, ambitieuse et solidaire

En janvier dernier, j’avais interpellé le gouvernement sur sa volonté de casser le mouvement HLM en lui retirant plus de 1,5 milliards d’euros.

Les conséquences catastrophiques de cette décision seront payées par les plus modestes : moins d’entretien, moins de rénovation, moins de construction de logements sociaux alors que le pays en a un besoin urgent. En Nouvelle-Aquitaine, 3500 logements ne seront pas construits et 6600 ne seront pas réalisés alors qu’ils auraient dû l’être cette année.

L’accord trouvé avec les seuls bailleurs privés, proches du MEDEF, vise à mettre en difficulté les offices publics pour les faire disparaître au profits de plus grandes structures privées au détriment des ménages les plus modestes et de la relation de proximité avec les habitants. Pour dénoncer cela, je suis intervenu dans l’hémicycle ainsi qu’avec une question écrite au gouvernement afin de dénoncer ces pratiques qui menacent directement le mouvement HLM. La encore, plusieurs mois après avoir posé ma question, je n’ai toujours pas de réponse.

Mobiliser le parc privé pour les besoins prioritaires

Il est nécessaire que la puissance publique régule fortement le parc privé. Ceci passe par l’encadrement des prix et des logements vacants, le tout s’inscrivant dans la lutte contre la spéculation immobilier. A ce sujet, je posais une question écrite au gouvernement concernant le développement problématique des plateformes de location de logements en ligne. En effet à Bordeaux, selon les derniers chiffres de l’Observatoire Airbnb, le nombre d’offres a augmenté de 62,5 % en 6 mois, de mars à septembre 2017.

Cette augmentation fait suite à une série de hausses tout aussi spectaculaires : + 200 % en 2014, + 100 % en 2015 et 2016. Sur les 150 000 logements que compte la ville de Bordeaux, 10 700 sont proposés sur la plateforme. Cela constitue une énorme pression à la hausse sur les loyers et participe à ce que Bordeaux soit devenue la deuxième ville la plus chère de France derrière Paris. Elle est aussi deuxième, juste derrière la capitale, pour le nombre de locations Airbnb. Les agences immobilières constatent d’ailleurs cette année une baisse de 10 % à 20 % de leur activité locative. Dans ces conditions, les premiers exposés sont les ménages les plus précaires. En effet, 7 biens sur 10 proposés sur Airbnb sont des petites surfaces, de type T1 ou T2, surtout recherchés par les étudiants, les jeunes travailleurs ou les parents isolés.

La ville de Bordeaux a annoncé sa volonté d’encadrer cette pratique et a dédié 4 agents au contrôle. Les 6 premiers mois ils n’ont évidemment pu contrôler que 298 logements. Les particuliers qui louent leur bien sur des plate-formes en ligne devront se déclarer auprès de la municipalité et ne pourront excéder 120 jours de location par an. Cette mesure est déjà en vigueur a Paris et n’a eu que très peu d’effets, puisque l’offre sur Airbnb y a augmenté de 53 % en 2017. J’ai donc demander au gouvernement quels mesures comptait-il prendre pour encadrer strictement cette pratique, empêcher que des investisseurs peu scrupuleux s’y consacrent et, plus généralement, enrayer l’explosion des loyers dans certaines grandes métropoles.

Mon combat contre les pratiques dangereuses d’Airbnb à l’Assemblée ne s’arrête pas là ! Parce que la garantie d’un logement digne passe par la nécessaire régulation du parc privé par la puissance publique, j’interrogeais le gouvernement en novembre 2017 sur l’incitation à la fraude fiscale exercé par la plateforme de location. En effet, l’opinion publique est au fait de ses stratégies « d’optimisation fiscale » ; la société n’a payé que 92,944 euros d’impôts en France en 2016 sur ses bénéfices.

Cette société ne se contente pas d’user de contournements pour éviter de participer aux dépenses de l’État via l’impôt. Elle organise la fraude fiscale des loueurs de biens en proposant de leur verser les montants des locations sur des cartes de crédits Mastercard émises depuis Gibraltar. Ces cartes ne sont pas traçables par l’administration fiscale française et l’argent qui s’y trouve échappe aux impôts. La fraude fiscale est un vol puni par la loi. Je lui demandais alors quelles mesures le gouvernement allait-il prendre pour faire cesser ces fraudes fiscales massives et ce qu’allait-il faire pour recouvrer les sommes non-perçues par l’État. En effet, la garantie d’un logement digne

Les étudiants doivent pouvoir se loger dignement !

La destruction de l’Université frappe durement les étudiants. En effet, la loi ORE marque le désengagement de l’état au profit d’une marchandisation du savoir et s’inscrit dans la continuité d’une politique de sous-investissement. Celle-ci se traduit par un service de bourse dégradé et un manque de logements étudiants décents. A ce sujet, j’interrogeais Mme la ministre de l’enseignement supérieur sur cette la pénurie de logements qui touche de plein fouet les étudiants. En effet, chaque année, près de 45 000 étudiants supplémentaires viennent grossir les effectifs de l’enseignement supérieur. Pour les absorber, il faudrait construire au moins une université tous les ans. Dans le même temps, l’offre de logements dédiés n’a pas suivie, tant en terme de rénovation qu’en terme de création. D’autant que le parc privé devient toujours plus inaccessible. Les dépenses de logement représentant déjà 53 % du budget d’un étudiant en moyenne, et bien plus dans plusieurs grandes métropoles. Dans ce contexte, la décision de baisser les aides au logement de 5 euros dès cette année, puis de 60 euros en 2018 n’aura pour seul effet qu’aggraver la situation. Un étudiant précaire est bien souvent un étudiant qui échoue dans ses études. C’est le futur du pays qui s’appauvrit matériellement et intellectuellement. À Bordeaux, de nombreux étudiants ne parviennent pas à se loger près d’un mois après la rentrée universitaire. De plus, les loyers pratiqués dans le parc privé augmentent à une vitesse vertigineuse sous l’effet de la pénurie et du développement des locations de type Airbnb.

Pour un logement accessible et de qualité

Deux millions de personnes sont forcées de vivre dans des logements de mauvaise qualité, privées de confort de base (sanitaire, chauffage, cuisine..). L problème de la précarité énergétique est très important : un ménage sur cinq déclare souffrir du froid dans son logement. Ces problèmes de qualité de logement ont des conséquences graves sur la santé. Pour protéger la santé des riverains et parce qu’il est urgent d’agir, j’ai déposé au bureau de l’assemblée nationale le 13 juin 2018 une proposition de loi protégeant la population des pesticides par l’instauration d’une zone tampon. Celle-ci s’inscrit dans cette logique de sécurisation de l’environnement du logement et de l’habitat. En effet, L’enquête HAPPI (Habitat : analyse de Pesticides dans les Poussières Intérieures) réalisée pour l’association Eva pour la vie et le Collectif Infos Médoc Pesticides a relevé la présence de pesticides Cancérogènes Mutagènes Reprotoxiques ainsi que de Perturbateurs Endocriniens dans la poussière prélevée dans une école primaire et des chambres d’enfants de villages viticoles du Médoc. Les habitations les plus contaminées sont celles qui sont le plus proche de la vigne. A l’inverse, les habitations près de vigne bio sont moins contaminées que les autres. Ainsi, la lutte pour la garantie d’un logement digne par aussi par le respect de l’environnement de ce dernier.

Enfin, avec la loi ELAN adoptée en dernière lecture à l’automne, le gouvernement a clairement confirmé la philosophie avec laquelle il souhaite diriger le pays. Celle-ci est à l’image de l’ensemble de la politique macroniste : dérégulation, privatisation et recul de la puissance publique. A ce titre, toutes les normes imposées par le législateur et qui garantissent des standards de confort, de qualité des logements construits son dans le collimateur. Je penses tout particulièrement aux personnes handicapées qui seront parmi les premières victimes de cette loi. En effet, le gouvernement a fait un immense recul en ce qui concerne l’accessibilité des logement à ces dernières : un article de cette loi réduit de 100 à 20 % la part de logements neufs accessibles aux personnes handicapées.

L’ensemble des ces situations renforces notre détermination dans la lutte pour un logement universel et durable !

Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle (3 / 4) – Les acteurs citoyens : transparence, effet cocktail et gouvernance renforcée

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 11/09/2018

Le groupe parlementaire de la France insoumise a la possibilité d’initier la création d’une commission d’enquête une fois par session, par le biais de ce qui est appelé « droit de tirage. » Nous avons décidé de consacrer notre toute première commission d’enquête à la question de l’alimentation industrielle, sujet auquel personne ne peut échapper, avec une préoccupation constante : comment reprendre le pouvoir sur son assiette ? La présidence de cette commission revenant de droit à un-e insoumis-e, le groupe parlementaire FI m’a proposé cette fonction. J’ai donc la charge d’en mener les travaux qui déboucheront sur un rapport et des propositions concrètes à la fin du mois de septembre. En attendant, je me permets de vous en proposer un condensé en plusieurs parties.

Troisième volet pour tenter de tirer les enseignements des auditions des acteurs citoyens au sens large (ONG, associations, personnalités engagées…)

La question de l’alimentation et de la transition de notre modèle alimentaire, parce qu’elle touche directement notre quotidien en même temps qu’elle est éminemment politique, a été investie depuis un certain par les mouvements citoyens et ce qu’on appelle parfois avec inexactitude la « société civile. » C’est finalement le terrain parfait pour développer des réflexions propres aux mouvements alternatifs qui ont pour principales caractéristique d’articuler le global et le local. Les portes d’entrées diffèrent pourtant en fonction des acteurs : de la question de l’éducation et du patrimoine culturel à l’information (pour des initiatives privées) en passant par la santé publique et la sécurité alimentaire (pour des associations) ou par l’écologie et le modèle agricole (pour les grandes ONG). Preuve que le sujet embrasse un très large champ de thématiques, qui finissent irrémédiablement par s’entrecroiser une fois la spécialité de chacun dépassée.

Parlons d’abord des initiatives qui proviennent d’en bas, nées et menées à bien à hauteur de citoyen-ne-s, très souvent pour combler les manques des pouvoirs publics vis-à-vis de demandes et de besoins de la population. Je pense d’abord à l’association « Les pieds dans le plat ». Constituée de diététiciens et de cuisiniers frustrés des errements de la restauration collective, ils ont décidé de reprendre en main leur activité : composer l’assiette des autres, celles des enfants dans les écoles. Ils militent et travaillent pour changer les circuits d’approvisionnements en y mettant des aliments bio, produits localement et de saison, redonner du sens aux métiers de la restauration collective et y remettre de l’humain là où il avait quasiment disparu. Ils produisent des documents et forment des professionnels sur la pratique de la Cuisine (avec un C majuscule) dans les collectivités ou encore sur les marchés publics. Il y a aussi un hybride, à mi-chemin entre l’association, la structure de recherche et le « think tank », appelé le BASIC. Ils font un effort conséquent de collecte et d’agrégation de données et en sortent des constats aussi pertinents que glaçants : 80 % de ce qui est consommé à la maison provient de la grande distribution, dont le marché est contrôlé à 92 % par 6 enseignes. L’industrialisation de l’alimentation participe à la précarisation générale du travail, en créant surtout des contrats précaires et en faisant en sorte que la valeur soit captée essentiellement par les distributeurs (+ 100 % de marge en 15 ans), puis les industriels (+ 50 %) au détriment des agriculteurs qui n’ont vu aucune progression de leurs revenus. Pour eux aussi, les solutions futures se trouvent dans les initiatives locales de labellisation (AOP), de construction de projets alimentaires territoriaux soutenus et financés (PAT) et de circuits courts (AMAP…).

Enfin, nous avons ce qu’il convient d’appeler une « start up », Yuka, qui a construit une application permettant aux citoyen-ne-s de se baser sur le maximum d’information possible au moment de l’achat, pour comparer et se décider. Voici une tentative comme une autre de mettre un peu de transparence dans un secteur volontairement opaque. Il ne s’agit pas ici de chanter les louanges de l’initiative privée pour l’opposer au public. Bien au contraire. En revanche, lorsque que la société est en avance sur le politique et l’économique, il faut le reconnaître. Et se demander comment l’on s’appuie sur ces initiatives localisées pour les étendre au pays en créant un modèle plus vertueux et un cadre législatif qui le garantit.

Les associations de consommateurs, comme la Fédération française des diabétiques, insistent sur les répercussions sur les conséquences sur la santé de la population et le problème de son information, dominée par le marketing et la publicité. Un détour par l’alerte sur le diabète et le sucre n’est pas inintéressant. J’avais déjà écrit sur le cas du sel, celui du sucre est comparable. La consommation de sucre par individu est en moyenne de 100 gramme par jour, alors que 3 fois moins suffirait ! Inutile de préciser que le diabète est en constante progression depuis de nombreuses années, et que les personnes diabétiques préfèreraient sans-doute ne pas avoir a subir les désagréments de leur maladie. Pour en venir au langage des chiffres, dans ce domaine comme dans d’autres, le coût des soins est beaucoup plus élevé que celui de la prévention. Les populations les plus touchées par ce phénomène sont de deux types. D’abord, les habitant des territoires d’Outre-mer car les produits qui y sont distribués sont plus sucrés qu’en métropole ! Ensuite, les enfants les plus exposés aux écrans (TV, Internet), souvent de catégories plus défavorisées.

Les études montrent une corrélation claire entre exposition à la publicité, consommation en excès de produits problématiques et surpoids. L’UFC-Que choisir partage ce constat et demande de réglementer fermement la publicité à destination des enfants, alors que ce secteur n’est soumis qu’à l’autorégulation des médias et des annonceurs. Au-delà de la seule publicité, posons des limites claires au marketing : comment est-ce possible de vanter des produits sans gluten ou sans sucre alors que ces éléments sont remplacés par de nombreux additifs ? Comment peut-on appeler les préparations industrielles pour le petit-déjeuner, destinées aux enfants et bourrées de sucre et de gras, des « céréales » ?

Comment peut-on vendre des surimis « goût homard » sans un gramme de homard à l’intérieur, ni même d’arôme, comme le fait remarquer Foodwatch ? Les études fournies par les fabricants sur l’innocuité de leurs produits sont insuffisantes. L’UFC propose la création d’un fond, alimenté par les entreprises, servant à financer des évaluations de la part des institutions publiques et indépendantes lorsque cela est nécessaire. À défaut, le principe de précaution doit s’appliquer, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Foodwatch insiste sur la confusion entretenue par les grosses entreprises de l’agro-alimentaire autour de l’information à donner au consommateur, en contestant le Nutri-score et en lui proposant des alternatives « maison » plus avantageuses, où l’unité de compte est la portion.

D’autre part, le cadre réglementaire qui sert de base à la répression de fraudes (DGCCRF) est beaucoup trop lacunaire. C’est en grande partie liée à son élaboration, lors de laquelle on a laissé les filières de l’agro-alimentaire s’arroger le monopole et toute la latitude pour créer des « codes » spécifiques à chaque catégorie d’aliment. Enfin, unifier et simplifier la gouvernance est une nécessité alors qu’aujourd’hui 4 ministères interviennent sur l’alimentation et sont à l’origine d’une myriade d’actions et de programmes entre lesquels je mets quiconque au défi de s’y retrouver.

Une lueur d’espoir est allumée par Solagro qui a étudié dans l’histoire comment les systèmes dominants ont été basculés par une minorité. A ce titre la présence de « Bio » et/ou « Local » dans les hypermarchés doit être prise comme une victoire, un premier pas vers un autre modèle alimentaire.

Les autres principales ONG auditionnées,, telles que WWF et Générations futures, élargissent le spectre et font de l’alimentation une partie essentielle d’un tout englobant modèle agricole et transition écologique des activités humaines. Ainsi, son industrialisation a des impacts majeurs sur la concentration des terres, la banalisation des paysages et la biodiversité, alors que 30 % des oiseaux des champs et 80 % des insectes ont disparu. Ils sont rejoints par l’initiative Solagro et son scénario Afterres2050, qui prévoit de nourrir la planète en respectant nos objectifs climatiques et écologiques. Cela consiste à changer radicalement notre modèle agricole en rejetant les monocultures, en valorisant économiquement les services environnementaux et externalités positives, en articulant le Programme National Nutrition Santé avec les objectifs des accords de Paris.

Le poids de l’image des produits vendus est également à déconstruire : une pomme lisse et brillante vendue en grande surface a subi en moyenne 37 traitements et il est prouvé que si l’on acceptait quelques taches noires sur les bananes, on ferait baisser de 70 % la quantité de pesticides utilisés lors de la culture.

Les inquiétudes des associations se concentrent maintenant sur les accords de libre-échange, qui rendent difficiles toute relocalisation des productions. Un poulet peut être considéré comme local s’il a été nourri tout sa vie avec du soja argentin (la France en importe 3,6 millions de tonnes par an). Solagro propose de s’appuyer sur le réseau des lycées agricoles et d’en faire des avant-garde de l’agriculture de demain, rappelant que 17 % des lycées sont passés au bio, contre 6 % des surfaces agricoles actuelles. Nous nous rejoignons aussi quand je propose que nos chambres d’agriculture soient changées en chambres de l’agriculture et de l’alimentation.

Rien de très différent de ce que développe le journaliste et critique Périco Légasse, dans un style plus cocardier, en soulignant que nous avons perdu 80 % de notre patrimoine agricole depuis 1980. Il propose des mesures, radicales mais finalement partagées unanimement :

– investir dans l’éducation à l’alimentation, dès l’école, pour réapprendre à manger et déchiffrer les informations commerciales

– s’émanciper du marketing et de la publicité

– protéger l’agriculture des traités de libre-échange

Pour que l’action, précieuse et fournie, de tous ces acteurs, ne soit pas vaine, nous aurons besoin surtout de volonté politique et d’un cadre institutionnel robuste et lisible.

Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle (2 / 4) Les entreprises de l’agroalimentaire : opacité, belles intentions et aveuglement volontaire

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 11/09/2018

Le groupe parlementaire de la France insoumise a la possibilité d’initier la création d’une commission d’enquête une fois par session, par le biais de ce qui est appelé « droit de tirage. » Nous avons décidé de consacrer notre toute première commission d’enquête à la question de l’alimentation industrielle, sujet auquel personne ne peut échapper, avec une préoccupation constante : comment reprendre le pouvoir sur son assiette ? La présidence de cette commission revenant de droit à un-e insoumis-e, le groupe parlementaire FI m’a proposé cette fonction. J’ai donc la charge d’en mener les travaux qui déboucheront sur un rapport et des propositions concrètes à la fin du mois de septembre. En attendant, je me permets de vous en proposer un condensé en plusieurs parties.

Dans ce deuxième volet il sera question des entreprises du secteur de l’agroalimentaire.

Pour situer l’ambiance dans laquelle évolue notre commission d’enquête et montrer à quel point ses travaux sont scrutés, je commencerai par un fait qui s’est déroulé lors d’une audition. C’est un échange, même pas un accrochage, qui ne serait qu’une anecdote s’il ne s’était pas produit dans ce cadre très solennel qu’est celui d’une commission d’enquête, pour laquelle les personnes auditionnées sont obligées de répondre à la convocation qui leur est envoyée pour venir y témoigner sous serment.

Nous auditionnions donc la très puissante Association nationale des industries alimentaires (ANIA), qui représente les industriels de l’agroalimentaire, des plus gros aux PME. À la fin de son exposé liminaire qui précède le moment des questions-réponses, comme c’est l’usage, sa directrice générale nous fait part de son inquiétude : « Lorsque nous avons découvert l’intitulé de cette commission d’enquête, nous avons été étonnés et perplexes. Nous nous sommes demandés si cette commission avait pour objectif de faire le procès de l’industrie alimentaire. Nous serions donc évidemment intéressés par vos réponses sur ce point. »

Étrange tentative maladroite d’inverser les rôles. Ce n’est pas elle qui pose les questions ; ce ne sont pas les députés, représentants du peuple, qui doivent rendre des comptes : c’est l’exact inverse ! Pour la première et unique fois lors de ces auditions, je dois recadrer les débats et expliquer la raison de notre présence ici, elle et moi, ainsi que le rôle de chacun.

Il faut dire que l’ANIA est habituée à plus de mansuétude de la part des pouvoirs publics au vu de son poids économique. Elle représente le premiers secteur d’emplois industriels dans le pays, avec plus de 400 000 salariés et près de 2,5 millions d’emplois induits, 17 000 entreprises et 180 milliards d’euros de chiffre d’affaire (soit quasiment l’équivalent du PIB de la Grèce). À ce titre, elle est très présente dans les cercles de décision publique, participe activement aux États généraux de l’alimentation, au Plan national nutrition santé (PNNS), ou au conseil national de l’alimentation (CNA). Elle a aussi ses entrées directes auprès des ministères et de plusieurs parlementaires. Dernier éléments importan à souligner : le parcours de la responsable « alimentation-santé » de l’ANIA, ancienne responsable de division à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) reconvertie dans la défense des intérêts de l’industrie alimentaire. Il ne s’agit pas d’une mise en cause personnelle, je ne suis pas en mesure de juger sa probité. Mais sa situation illustre qu’il existe, dans le domaine de l’expertise scientifique et sanitaire, la même chose que nous dénonçons dans la haute administration : le pantouflage, qui finit par poser des problèmes éthiques et de conflits d’intérêt.

Je vous livre les principaux constats et sentiments qui ressortent des nombreuses auditions des représentants des industriels et des distributeurs. D’abord, il est quasiment impossible de démêler ce qui relève de la prise de conscience, la réelle volonté d’améliorer les choses, de ce qui relève de pure stratégie de communication ou de marketing. À la limite, tant mieux si les deux se rejoignent, mais c’est encore rarement le cas et beaucoup d’artifices sont utilisés comme l’arbre cachant la forêt de la malbouffe.

D’autre part, chaque « trou dans la raquette » de la connaissance scientifique et de la règlementation, chaque avis divergent des autorités nationales et européennes, chaque retard sur la mise à jour des législations et chaque marge laissée à l’appréciation des acteurs sont exploités par les grandes entreprises soit pour se justifier, soit pour gagner du temps et ne rien faire, soit pour entretenir le flou pour le consommateur et empêcher sa plus parfaite information. Il n’y a pas d’engagements volontaires qui tiennent, tant ils sont souvent utilisés pour retarder la mise en œuvre de mesures contraignantes et réellement efficaces. Même dans le cas d’entreprises de bonne foi, aucun engagement volontaire n’est tenable dans un environnement libéral acquis à la concurrence qui tire toutes les normes vers le bas, où chacun se regarde du coin de l’œil en attendant que l’autre accomplisse ce qui est vu comme une faute au regard du marché. Il faut également souligner le rôle des grandes entreprises, constituées en lobbies, pour créer des failles dans les cadres légaux, comme en témoigne leur action au niveau européen pour faire en sorte que le Nutri-score ne puisse pas être rendu obligatoire, même à l’intérieur d’un pays membre.

En ce qui concerne la restauration collective, le retard d’actualisation des repères concrets, liés au PNNS (Programme national nutrition santé), pour l’achat et la distribution, complique la tâche des acheteurs et des fournisseurs, dans un secteur décisif qui nourrit tous les jours nos malades, nos anciens et nos enfants (cf ma question écrite sur l’actualisation du GEM-RCN).

En creux, il y a une contestation quasiment systématique des alertes des scientifiques, des études officielles en s’appuyant sur la différence de virgule qu’ils pourraient y avoir entre deux avis ou deux études provenant de sources différentes, voire une négation, en attendant une nouvelle publication scientifique ou légale qui conviendra mieux à un intérêt donné.

Cela sert au final à noyer le débat, duquel l’absence de la notion de principe de précaution est frappante. Un seul gros industriel s’y est référé lors des auditions. Lorsque que l’on parle d’effet cocktail quand il existe près de 400 additifs différents dont 30 peuvent se retrouver dans un seul et même produit, ou d’expertise incomplète sur un composant donné ou une formule, la solution par défaut est de continuer à le ou la commercialiser et l’utiliser dans le processus de production !

On remarque aussi une extrême lenteur dans la prise en compte des avis et recommandation dans les processus de production. Une illustration très intéressante se trouve dans la question de l’excès de sel dans les préparations de boulangerie. Alors que l’ANSES (anciennement AFSSA) avait émis en 2002 un avis préconisant de réduire la teneur à 18 grammes par kilo de farine, 16 ans plus tard, nous n’y sommes pas encore arrivés ! C’était possible en 5 à 6 ans sans altérer la perception du goût par les consommateurs.

Au regard des enjeux de santé publique, le champ laissé aux industriels et aux distributeurs est trop large et libre. Ils peuvent alors développer une communication qui n’a que l’apparence de politiques de qualité : labels maison sans aucun cahier des charges, détournement des exigences des consommateurs sur des questions d’importance très relative (le « sans gluten » par exemple).

L’ouverture et l’interpénétration des marchés posent un réel problème sur les contrôles, qui par ailleurs sont insuffisants et reposent énormément sur les industriels eux-mêmes. Un exemple : 50 % des confiseries consommées en France sont importées, alors que les exigences de qualité, contraignantes lors de la fabrication, sont différentes d’un pays à un autre. Le bio français n’est pas le bio allemand, qui n’a rien à voir avec le bio américain, lui-même totalement différent du bio argentin. Le problème se posera avec encore plus d’acuité avec l’entrée en vigueur des grands accords de libre-échange, tels le CETA ou le JEFTA.

Si l’information et le sens sont difficiles à trouver pour les citoyens au moment d’acheter et de consommer, il en est de même à l’autre bout de la chaîne pour les agriculteurs, frustrés d’être réduits par une violente division du travail au rang de simples fournisseurs de matière première. Certains m’ont avoué ne pas connaître eux-mêmes le débouché final d’une grande partie de leur production.

Plusieurs enseignements essentiels sont cependant à retirer de ces auditions. En premier lieu, les acteurs économiques sont conscients et sensibles à la pression exercée par ceux qu’ils appellent de façon réductrice « les consommateurs ». Cela ouvre petit à petit des brèches dans leurs pratiques, mais trop lentes et trop fragiles. Deuxièmement, derrière leur organisation, puissance et cohésion apparentes, les firmes sont aussi très divisées, entre industriels et distributeurs, mais aussi à l’intérieur même de ces catégories. C’est le cas sur les prix, l’exigence de qualité, l’information, etc.

Sur l’information, je fais crédit à l’ANIA de sa volonté de créer un fonds ouvert répertoriant toutes les informations utiles aux consommateurs. Mais c’est une initiative que les pouvoirs publics doivent surveiller, encadrer, aider et orienter pour, au final, la gérer. Des règles claires, précises et contraignantes doivent être établies et l’expertise scientifique unifiée et suivie plus fortement par les pouvoirs publics. C’est ce que réclament la plupart des firmes, pour les aider, disent-elles ! Il est vrai que les demandes de la société doivent maintenant être prises en compte pour leur donner une aide décisive et que la réponse se matérialise enfin, sans risque de détournement de la règlementation et de dumping par des acteurs moins vertueux.

Cela n’a rien à voir avec de prétendus engagements volontaires et cela tombe bien, car c’est notre rôle de législateur ! Il ne tient qu’à nous de profiter des failles dans ce système créées par la demande citoyenne et les quelques initiatives, qu’on peut considérer comme timides mais qui ont le mérite d’exister, de certains acteurs économiques. C’est à nous de créer un cadre qui ne sera plus contestable d’aucune manière.

Assemblée nationale

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Loïc Prud'homme 01/10/2020

Dans l'hémicycle nous discutions d'un amendement soutenu par le Gouvernement déposé dans le cadre de la loi fourre-tout ASAP visant à faciliter l'expulsion des squats par les Préfets.

Le Gouvernement surfe sur les faits divers et l'émotion : l'écrasante majorité des squats sont légaux et servent de toits temporaires à des milliers de familles.

Rappelons qu'un logement digne est un droit et qu'en France 200 000 personnes vivent dans les rues, le Gouvernement doit s'attaquer au problème plutôt que d'essayer de sauver les murs en surenchères avec la droite !

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Loïc Prud'homme 29/09/2020

Aujourd'hui, malgré l'absence totale de débat démocratique, les opérateurs téléphoniques commencent à se partager les fréquences pour déployer la 5G dans notre pays.

En février dernier j'avais déjà alerté le Gouvernement sur les dangers de cette technologie qui ne sera jamais au service du bien être de notre société mais uniquement du portefeuille des actionnaires :

Alors que les fréquences sont en cours d'attribution en France, il y a plusieurs mois, 250 chercheurs et médecins signaient une tribune pour alerter sur un "un risque de cancer, de stress cellulaire, d'augmentation des radicaux libres nocifs, de dommage génétique et du système reproducteur, de déficits d'apprentissage et de mémoire, de troubles neurologiques".

Le gouvernement lance des expérimentations dans des villes tests alors même qu'aucune étude complète et sérieuse ne paraîtra avant un an sur l'ensemble des impacts sur la santé humaine.

Pour se défendre, Mme la Ministre cite les seuils limites de danger, alors même que les nouvelles fréquences 5G exposent à de nouveaux risques différents de ceux de la 3G ou de la 4G.

Enfin, si la Ministre cite l'OMS, il faut rappeler que l'Organisation Mondiale de la Santé a bien classé en 2011 les ondes électromagnétiques dans la catégorie des cancérogènes "possibles" pour l'Homme.

Au delà des questions de santé environnementale, tout le monde se demande à quoi va servir la 5G ? Cette technologie ne créera pas d'emploi, augmentera la consommation énergétique de notre pays et l'obsolescence de nos téléphones. Les industriels créent des besoins artificiels pour nous faire consommer et dépenser plus, il est temps de dire non à cette société de la croissance à tout prix mortifère !

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Loïc Prud'homme

Écologiste, convaincu qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies ne peut que conduire à la catastrophe, je partage la vision cohérente des progrès sociaux et environnementaux à accomplir pour aller vers le «bien vivre», contenue dans le programme L’Avenir en Commun.

Loïc Prud'homme est député France Insoumise de la Gironde pour les communes de Bègles, Bordeaux Sud, Talence et Villenave-d'Ornon. Résolument engagé en faveur de la règle verte et de la transition écologique de notre société il siège à l'Assemblée nationale au sein de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Retrouvez sur ce site internet son travail dans l'hémicycle et en circonscription en faveur des services publics, de l'emploi local, de la justice sociale et de la transition écologique.

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